Chasse aux bonbons

17 Mai

Les chasses au trésor, ça te connaît !

Tu en as organisé une récemment pour l’espoir de tes vieux jours, avec énigmes, parchemin brûlé et coffre rempli de billets de banque que les enfants se sont arrachés en glapissant et en se griffant au sang alors que tu étais si fière de n’avoir pas perdu jusqu’à là les dix pour cent autorisés.

Ton chéri se fait également un devoir chaque semaine de cacher tes clefs de voiture et de subir dans la foulée une lobotomie pour oublier leur emplacement, afin de te permettre de passer trois ou quatre jours à retourner toute la maison en pleurant.

Mais la meilleure est quand même celle que ton aînée a décidé de préparer pour ton seul plaisir, en faisant ses yeux de chat potté « Oh ma Maman toi qui m’aime et qui ne veut que mon bonheur (tu aurais mieux fait de te défenestrer le jour où tu lui as sorti ça…), j’ai décidé d’accepter ta proposition de ne pas m’organiser un anniversaire habituel (= avec tout un tas de monstres qui courent dans ton jardin en arrachant tes fraisiers et en se servant des branches de tes bébés pruniers comme kalashnikov ET pour se taper dessus) mais que nous préparions à la place UNE PYJAMA PARTY! »

Pyjama party : regroupement de pré ados qui vont glousser en regardant des films de fille plein de baisers baveux, ruiner ton tapis ou leur matelas à coup de gloss écrasé et de fraises tagada qui vont laisser leur odeur écoeurante dans ton salon pendant des semaines, se provoquer des comas diabétiques en se gavant des bonbons susmentionnés et de saladiers remplis moitié de pop-corn moitié de sucre, et tout un tas d’autres joyeusetés que tu te refuses même à envisager.

Tu acceptes malgré tout toutes ces contingences avec un grand sourire que seul le plus habile observateur pourrait qualifier de crispé…

Jusqu’à ce que ta fille revienne avec des nouvelles du front (= les réponses des copines!)

« Houria ne pourra pas manger de bonbons si on ne lui achète pas des bonbons spéciaux. Donc faut absoooolument lui trouver des Haribou! »

Gne? Des haribo tu veux dire ma chérie?

« Non, non, des haribou, sinon y’a du porc dedans! »

Aaaaahhhh, des contrefaçons quoi…

Tu n’as rien contre le fait que la meilleure copine de ta fille soit musulmane.

Ou plus exactement, tu n’as rien contre le fait que ses parents le soient, puisque tu t’es déjà proposée d’enfermer dans un donjon sans clef (un peu comme ta voiture…) toutes ces personnes bien intentionnées qui se permettent sous prétexte d’éducation d’enfoncer profondément dans de petits cerveaux malléable (en même temps, ce serait moins facile sinon) des préceptes religieux quels qu’ils soient.

Par contre, autant tu avais prévu le coup du jambon à éviter dans sa pizza maison, autant les histoires de gélatine te passent loin, très loin au-dessus de la tête.

Ta fille pleure. Hors de question que l’une de ses copines soit privée de bonbons pour son anniversaire.

Tu soupires. OK, tu vas les chercher ses Haribou…

Personne ne connaît les haribou.

Il semble que tu sois le tout premier être humain à avoir eu l’idée folle de souhaiter acheter des haribou.

Même en t’enfonçant dans les méandres de quartiers inconnus de ta ville à la recherche de magasins musulmans dont même l’adresse est vendue sous le manteau, les haribou restent introuvables.

Le sans gélatine ils font, mais le haribou ils ne connaissent pas.

Mais ta fille a bien insisté : Houria ne mangera QUE cette marque car elle ne connait pas les autres donc n’a pas moyen de vérifier qu’ils sont autorisés donc ne les avalera pas donc pleurs de ton Emilie donc anniversaire gâché donc fillette qui jouera les martyrs pendant deux mois.

Au bout d’une semaine de recherches y compris internet (mais tu ne sais pas comment s’écrit ce nom, faut-il un clavier en arabe?) alors que tu es censée rester allongée et gémir au fond de ton lit, tu lâches l’affaire et tu es presque sur le point de faire imprimer des sachets « Haribou » pour les remplir de n’importe quoi, de toutes façons tant que la gamine ne s’en rend pas compte, hein, qu’est-ce que ça changera, de toutes façons si elle avait déjà mangé du porc elle saurait que c’est très bon, na !

Et puis d’abord quand on est difficile/allergique/soumise à des conditions religieuses, on se balade avec sa propre nourriture.

Tu informes ton héritière que tu es une mère indigne et que voilà c’est comme ça il faudra s’y faire.

Elle te répond que ah oui tiens au fait maman j’ai oublié de te dire, Houria a demandé à sa maman et en fait c’est bien ce que tu me disais, c’est « haribo » le nom des bonbons qu’elle a le droit de manger!

Si tu ne meurs pas de tes escarres, tu penses être bien placée pour l’arrêt cardiaque…

Escarres

15 Avr

En ce moment, tu passes beaucoup de temps (bon, d’accord, 23 heures par jour!) allongée,  à compter tes escarres, râler sur la qualité déplorable et le caractère rarement renouvelé de tes repas, et dormir lorsque tu en trouves le temps entre ces deux activités.

Tout cela te laisse peu d’opportunités de vivre de fabuleuses histoires comprenant dragons et princes charmants sur leurs blancs destriers, pour pouvoir ensuite les raconter.

Et comme tu doutes que le rapport quotidien du développement de ta circonférence intéresse le commun des lecteurs (déjà, il ne t’intéresse pas toi même, c’est dire!) tu as décidé de sauter ce chapitre sauf évènement extraordinaire dont faire part à la communauté.

Du genre, la réaction de ta délicieuse belle-mère en apprenant ta grossesse. Au bout de trois ans de honteux concubinage. Et de quelques temps d’essais, aussi.

Et qui a donné précisément CA :

Chéri : « Maman, Papa, j’ai quelque chose à vous annoncer! Voilà, Ninog est enceinte! »

Belle-maman : « Ah bon? De qui? »

Raymonde en string devant Mammouth

21 Mar

Un ami et presque voisin sonne à la porte : « Ton ordi est allumé? »

Vous êtes quatre à vous battre chaque heure du jour voire de la nuit pour avoir accès à internet et aux séries (tu as du instaurer un système de liste d’attente), la réponse est donc « Oui! » quelle que soit l’heure.

« Tu peux mettre You porn? »

Euh, je te demande pardon????

« Je veux juste avoir ton avis sur quelque chose et vérifier que ce n’est pas simplement mon ordi qui aurait un virus…Tu vas comprendre, mets You porn ! »

Oui, en même temps, tu m’étonnes de chopper des virus en surfant sur des sites pornographiques…

Tu t’exécutes.

Il se met alors à sautiller nerveusement en montrant l’écran du doigts : « Rhhhaaa, ici aussi, ça recommence ! Regarde ça ! »

Tu regardes, oui mais bon, personnellement ce n’est pas vraiment ton truc hein !

« Non, à droite, les pubs pour les sites de dialogues cochons, regarde, RAYMONDE! Est-ce que toi aussi tu penses que c’est Raymonde?  »

Raymonde : son ex, celle dont il a mis des années à se débarasser.

Tu regardes ce qu’il te désigne hystériquement.

Ah oui, effectivement, ces petits yeux sournois, cette bouche pincée, c’est Raymonde!

Ou un excellent sosie de Raymonde…

« Ben oui, tu vois ce que tu fais des femmes une fois que tu les as quittées, elles en sont réduites à aller vendre leurs charmes sur You porn pour tenter de t’oublier! »

Tu rigoles (tu n’as jamais aimé Raymonde), lui pas.

« Non mais tu ne te rends pas compte ! C’est l’horreur ! Je peux plus aller sur le site sans tomber sur sa tête ! Ca me coupe tous mes moyens pendant que je … enfin tu vois ! Déjà que quand on était ensemble de me tâtais pour lui demander si elle voulait bien mettre un sac en papier sur la tête pour ne pas me perturber, alors maintenant !!!!! »

Tu renvoies chez lui un copain qui palsmodie « Qu’est-ce que je vais faire? Mais qu’est-ce que je vais faire? »

Dire que personne ne se doute des vrais drames engendrés par la multiplication sauvage de la pornographie à domicile !

Les délices de Tralalabidouille

16 Mar

Dans ton service, les chefs se suivent (mais ne se ressemblent pas) en se donnant tous comme objectif principal de ne pas rester plus d’un an suite à leur promotion avant de pouvoir enfin rejoindre leur chère région/maison/famille.

Ils atteignent généralement leur but ce qui offre l’avantage d’un pot de départ tous les ans et l’inconvénient de ne pas savoir si le prochain a bénéficié d’une promotion au choix sur ses compétences professionnelles ou sur ses compétences à cirer à sec.

 

Le dernier arrivé a annoncé immédiatement la couleur : il était très heureux d’être arrivé dans cette belle ville, et il comptait bien y rester jusqu’à sa retraite.

Il a également immédiatement fait l’unanimité contre lui, ce qui a impacté singulièrement l’effet de sa déclaration précédente.

 

Il faut dire que dès lors que votre chef n’y connaît rien à votre boulot qu’il est censé vérifier, qu’il passe son temps le nez collé sur son moniteur à vérifier sur ses petits graphiques colorés vos performances au jour le jour, mais qu’il se permet au surplus de faire des réflexions en public sur votre fiche de paie à laquelle il n’est même pas censé avoir accès ou sur vos chances selon lui (nulles, les chances, inexistantes !) que vous accédiez un jour à une promotion, ça crispe, c’est certain !

 

Chez une collègue (qui du fait de ses fonctions syndicales a des jours d’absence qu’elle récupère en venant travailler pendant ses congés, quand même !) cela se traduit par ce genre de soupçons : « Tu as pointé tel jour où je n’étais moi-même pas là…mais qu’est-ce qui me prouve que tu n’es pas arrivée le matin pour pointer, et que tu n’es pas rentrée chez toi avant de revenir dépointer le midi et cetera ? ».

Les syndicats, c’est le mal.

Sauf celui où le chef est adhérent.

 

Chez toi, c’est encore différent :

Novembre 2009, tu postules pour un détachement auprès de Bercy dans le cadre d’un projet national. Le projet, outre son intérêt technique, te permettrait de travailler pendant la moitié de ton temps pour une entité autre que ton chef. C’est déjà appréciable…

Février 2010 : ton chef te demande si tu as été retenue. Les résultats ont été rendus, les trois autres personnes choisies dans le département ont été informées de leur sélection.

Ah, non, tu n’as pas eu de nouvelles de Bercy…

Tu appelles
la Centrale suite à cette discussion avec ton chef, on te répond qu’aucun candidat n’a pu être tenu au courant puisque la décision n’a pas encore été prise.

Tu l’expliques à ton chef.

Il te répond que quand même il le sait mieux que toi puisque il en a entendu parler lors d’une quelconque pause café entre chefs.

Et il prépare son plan annuel de travail en te comptant à 100% de présence.

Le 1er avril, Bercy t’appelle pour t’annoncer ta sélection.

Chef ne te croit pas.

Il lui faudra tous les papiers officiels avec cachets et Marseillaise incorporée pour consentir à admettre l’infâme vérité.

Il te reprochera toute l’année qui suivra cette défection inadmissible sans compter que par ta faute tu as été comptabilisée à 100% pour tes dossiers, qu’il est dans l’obligation de donner à d’autres en leur précisant bien que c’est parce que toi tu es trop feignante pour t’en occuper.

 

 

Mars 2011 : tu es toujours détachée auprès de Bercy et tu passes ton entretien d’évaluation.

Pour déterminer la somme de travail qu’il va t’attribuer cette année, il te sonde sur la fin probable du projet Bercy, puis conclue pour déterminer que tu es toujours une grosse feignasse qui ne va rien fiche cette année par « Et après les vacances tu ne reviens pas puisque tu pars à Tralalabidouille ! »

Ah bon ? Première nouvelle !

Si si, tu lui as toi-même dit que tu t’exilais pour Tralalabidouille à la rentrée.

Ou alors, non, il s’en souvient, ce n’est pas toi, c’est à la pause café (encore !) que tes collègues en ont  parlé devant lui !

Tu lui expliques que tu as beaucoup de projets éventuels, dont certains impliquent certes une mutation dont tu attends les résultats, mais que Tralalabidouille n’a JAMAIS fait partie de tes intentions, et que tu ne penses même pas t’avancer en lui confiant que tu ne penses pas jamais mettre les pieds à  Tralalabidouille.

Que tu n’aurais donc jamais parlé à l’un quelconque de tes collègues de ton déménagement prochain pour Tralabidouille, que tu peinerais déjà à situer précisément sur une carte.

 

Et il te fait cette réponse aussi magnifique que terrible « Tu as pourtant bien du l’annoncer à tes collègues car sinon ils n’en parleraient pas ! »

 

Tu mens comme une arracheuse de dents et en prime tu tentes de faire tomber tes collègues avec toi, mauvaise femme que tu es !

 

Ou comment survivre au quotidien dans la jungle professionnelle lorsque en prime le chef accorde bien plus d’attention, d’importance et surtout de confiance aux rumeurs et autres tambours de la brousse qu’aux personnes avec lesquelles il en censé travailler quotidiennement.

 

Tu te demandes finalement si un départ vers la lointaine Tralalabidouille ne serait pas une bonne idée…

Regard qui tue

16 Fév

Selon le quotidien Le Matin, un homme a porté plainte contre son chat, l’accusant de voyeurisme.

Il a expliqué que l’animal le regarderait de façon très indiscrète de l’autre bout du lit alors qu’il tentait d’avoir des relations sexuelles avec son épouse.

Sous la pression du regard du félin l’homme ne pouvait achever son devoir conjugal.

Le plaignant a également ajouté qu’il soupçonnait sa femme d’avoir mis au point ce stratagème avec l’animal, afin de le faire douter de ses capacités physiques.

La justice a décidé d’envoyer l’affaire devant le Tribunal de l’Aidaa (association italienne des droits des animaux et de l’environnement).

En attendant, le chat s’est vu interdire l’accès à la chambre conjugale pour trois mois, afin de savoir si c’est bel et bien l’animal qui est à l’origine de la panne sexuelle du plaignant, âgé d’environ 60 ans. 

Ou comment trouver des idées pour engorger encore plus les tribunaux de notre côté des Alpes !

Toujours est-il que tu ne regarderas plus jamais de la même façon toutes les petites mamies qui racontent que leur chat dort dans leur chambre…espèce d’exhibitionnistes !

 

 

Film X très très cochon

15 Fév

Noël.

Chéri, qui ne sait jamais quoi offrir à ses parents et cultive la stratégie du « plus c’est étrange et tiré par les cheveux plus ça a des chances de plaire » a finalement fait l’acquisition histoire de remplir leurs petits souliers de la première saison d’How I met your mother.

Lorsque tu les revois, et dans une tentative desespérée de dépasser le stade de la conversation s’étant jusque là arrêtée à « Comment allez vous? Ah? Bien. », tu interroges gentiment ta belle-mère sur son appréciation des DVD offerts.

Elle te répond qu’elle n’a pas encore pris le temps d’ouvrir le coffret, mais qu’elle a entendu dire que c’était un peu comme « Friandes ».

Friandes? Des images de grosses gourmandes en train de faire de sacrées cochoncetés t’assaillent alors malgré toi.

Tu ne vois pas le rapport avec la série, mais ELLE doit le voir : orgies, partouzes, plein de gens en tous cas.

Ton cerveau commence à te dégouliner par les oreilles, comment tes beaux parents, petits retraités bien propres sur eux osent-ils te parler de pornograhie, alors que déjà tes propres parents l’ont fait précisément 5 fois et que ça te semble déjà énorme et obscène???

Et comment osent-ils en parler à leur belle-fille, et aussi librement?

On est en démocratie, mais la liberté des uns (de parler de leurs penchants sexuels à n’importe qui) s’arrête là où commence celle des autres (de ne surtout pas avoir à imaginer ses beaux parents en tenue affriolante voire pire sans tenue du tout et brandissant fouets et boules de geisha)!

Pendant que tu fermes des yeux en te tenant le crâne et en commençant à palsmodier tout haut dans ta tête que tu vas bien, tout va bien, et que tu n’entends plus rien, belle-maman continue :

 » Oui, c’est la même histoire non avec des jeunes qui vivent tous ensemble à New York? »

Tu rouvres des yeux.

Et là, non, impossible à retenir, le fou rire te prends pendant que tu balbuties difficilement : « Friandes? Vous voulez dire Friends??? Wah ha ha ha ha ha ha! »

Ta belle-mère, ne pouvant pas deviner que c’est le soulagement qui a ouvert tes vannes, te hait maintenant définitivement.

De toutes façons, y’a pas de mobile

9 Fév

En ce moment, lecteur, je suis peu disponible pour te raconter mes frasques.

C’est qu’en plus d’une vie personnelle peu remuante et d’une vie professionnelle trop remplie, j’ai actuellement une troisième vie quasi inavouable : je me passionne pour un procès d’assise bien glauque comme il faut.

Enfin, lorsque je dis que je me passionne pour le procès, je m’éloigne de la vérité : je me passionne en réalité pour les commentaires qui en sont faits.

 

Le sang, la malheureuse victime, je ne me repais pas de ce genre de fait divers (mon propre seuil de tolérance y compris télévisuel au sang et à la violence s’arrêtant d’ailleurs à Lie to me, avec option « je me cache les yeux » si je soupçonne la moindre atteinte à l’intégrité physique d’un quelconque acteur. Non, je ne regarde pas non plus Urgences : ils font des piqûres !), et on ne va pas se mentir, que l’accusé désigné comme commanditaire du crime finisse ou non ses jours en prison ne changera rien à mon quotidien, sinon en me donnant l’espace de quelques minutes peut-être une très vague foi en la justice avant que ce sentiment ne s’estompe.

 

Mais les explications foireuses du groupe de pression créé pour l’occasion et qui passe son temps à réécrire l’histoire dans les commentaires lorsque ils ne menacent pas les journalistes ou les jurés, CA, ce sont des pépites !

 

Je commence même à avoir de l’affection pour certains, petits poussins mal dégrossis piaillant tête levée vers le ciel.

Alors je les nourris de sarcasmes, histoire qu’ils aient l’impression d’exister…

 

Il y a J, qui répète inlassablement « Y’a pas de mobile, y’a pas de mobile, faut pas le condamner si y’a pas de mobile et un mobile y’en a pas ou alors dites moi quel mobile il y a ! »

J’ai envie de lui faire remarquer que des mobiles, lorsque l’on vit pendant trente ans avec quelqu’un, on doit s’en découvrir pas mal.

Par exemple, bon, je ne sais pas si 80 personnes viendraient attester que Chéri et moi sommes un couple exemplaire, mais lorsque je tombe sur une chaussette dégoûtante sous le lit, croyez moi le mobile est tout trouvé et faudrait pas me prendre en photo à ce moment là ou ma simple expression en une des journaux suffirait à convaincre de ma culpabilité!

Et on n’a ni argent ni enfants ni maison en commun…

 

Il y a L. qui palsmodie qu’il y a présomption d’innocence tant qu’il n’est pas condamné et que donc faut pas le mettre en prison le monsieur c’est injuste.

L. ne semble bizarrement pas d’accord par contre avec ma proposition de libérer vite fait le meurtrier présumé (mais seulement présumé. Lui non plus n’a pas été condamné ni n’a avoué) de le petite jeune fille de Pornic. C’est pas comparable. Ah bon ?

 

Et il y a S., la magnifique S, qui passe son temps à avertir le quidam qu’elle a eu accès au dossier.

Et y a trouvé un élément à décharge vis-à-vis du commanditaire présumé qui fait que, ah ah ah ah, elle rigole toute seule dans son salon à imaginer le tête de tous les abrutis qui ont juste émis l’hypothèse que peut-être il était coupable des faits reprochés, lorsque la vérité éclatera.

Alors S., elle se régale en attendant la toute dernière minute du procès, la toute dernière de la plaidoirie de l’avocat de l’accusé, lorsque bim bam boum, ils sortiront de leur manche la lettre qu’elle leur a envoyé et qui explique tout grâce à un détail pourtant majeur et dont franchement, elle ne comprend pas comment il a pu échapper à la police, aux magistrats, à la famille et à tous les avocats.

 

Ce soir ou demain, ce sera fini, et tu retourneras à ta petite vie loin de tous ces amis fidèles.

C’est triste…

Vivement l’appel !

 

 

La Villa Montmorency respire !

1 Fév

Généralement, ouvrir le journal me donne envie de gémir, de pleurer, ou de brandir le poing au ciel en en appelant aux forces divines afin qu’elles réparent une injustice inacceptable.

Mais aujourd’hui, instant magique, j’ai été prise d’une crise de fou rire.

En apprenant que notre prétendue première dame (oui, pour moi la fonction de fait pas tout, encore faut-il l’habiter réllement…autant vous dire que nous ne disposons à l’heure actuelle selon ma vision des choses ni d’un gouvernement ni d’un chef d’état ni de rien de représentatif en général au niveau étatique) ne se sentais plus de gauche.

Et en imaginant le soulagement évident des habitants de la Villa Montmorency qui pourront enfin dormir la nuit, en ne l’entendant plus hurler à tue-tête l’Internationale tandis qu’elle se promène dans les allées de la Cité Interdite.

Un scoop tel qu’il est repris par tous les journaux. Dans un but d’information ou de décontraction générale de la population après de longues années de crise, de chômage, et de comptage des petits pois dans l’assiette?

Mini nains

31 Jan

Lorsque tu croises des enfants dans le bus, tu as toujours un peu de mal à estimer leur âge réel, ce qui te permet de t’étrangler régulièrement à l’écoute de leurs conversations (tu le sais, c’est mal, mais lorsque ils parlent tellement fort que tu ne parviens plus à te concentrer sur ton bouquin, quoi faire ?).

 

Cette incapacité invalidante ne date pas d’hier d’ailleurs.

 

Alors que tu étais jeune, belle, et que tu gagnais déjà ton pain à la sueur de ton front (d’ailleurs, n’étais-tu pas censée laisser cette partie du contrat à Adam et te contenter d’accoucher dans la douleur ? Tu as l’impression de t’être fait un peu eu sur le sujet…) mais sans voler personne et surtout pas de malheureux millionnaires qui ne demandent rien à personne et encore moins à toi, tu t’occupais d’adolescents plus préoccupés de la perte de leur virginité ou de leurs boutons que de la poursuite victorieuse de leurs études.

 

Un jour, tu trouves au détour d’un couloir l’un de tes petits sixième en pleurs.

Les sixièmes sont minuscules (comparés à tes troisièmes qui te dépassent déjà d’une tête pour certains), encore des bébés, et certains sursautent encore lorsque tu leur adresses la parole, perdus qu’ils sont dans cet immense collège de moins de 500 élèves, voire t’appellent « maman » ou « maîtresse ».

Tu trouves ça adorable…

 

Le choupignou t’explique dans de grands sanglots humides que l’une de ses camarades de cours n’est qu’une grosse méchante, qui ne lui fait que des misères et qu’il ne lui parlera plus jamais de la vie.

 

Ce sont les grandes eaux, tu l’as pris sur tes genoux pour lui caresser gentiment la tête en lui affirmant que ça va passer, et lorsque le CPE passe en faisant de grands yeux étonnés, le petit bonhomme est en train de se moucher dans ton T-shirt.

 

 

Deux jours plus tard, le même petit bonhomme est sanctionné pour les magazines pornographiques trouvés dans son cartable.

Franchement, comment pouvais-tu deviner qu’il avait non seulement redoublé deux fois mais également un retard de croissance ?

 

 

Depuis, même lorsque tu croises un collègue qui n’a pas l’air bien, tu ne lui proposes pas de grimper sur tes genoux pour se faire consoler.

Non, même pas les petits stagiaires de l’ENI si mignons avec leurs questions.

 

 

Accouchement sous X

27 Jan

Hier, les journaux faisaient tous état de la mort de l’accouchement sous X via une décision de
la Cour d’appel d’Angers qui a décidé d’aller à l’encontre de la décision de la mère d’un enfant d’accoucher sous X en confiant la garde de l’enfant aux parents de celle-ci.

 

Avec une argumentation pour le moins déroutante :d’abord celle d’une renonciation de la mère à ses droits, laquelle n’était donc plus juridiquement la mère de l’enfant (on est d’accord) et n’a donc plus voix au chapitre (puisque elle demandait à ce que SURTOUT l’enfant ne soit pas confié à ces gens qu’elle-même considère comme de mauvais parents et avec lesquels elle est totalement brouillée. On a beau ne plus avoir de liens juridiques avec un enfant, je suppose que l’avoir mis au monde donne malgré tout envie de le voir grandir dans les meilleures conditions possibles, possibilité rejetée par la mère dans le cas où son enfant serait confiée à ses parents) mais selon laquelle les grands parents le restaient eux « parce qu’ils avaient vu la mère enceinte dans les dernières semaines de sa grossesse » (Sérieusement, c’est une grande première dans un cas d’accouchement sous X ???? Et c’est un argument qui revêt la moindre valeur ? On sent le mille feuille d’accumulation de justifications sans fondement en espérant que le nombre fera poids.).

 

Ensuite celle des liens du sang permettant de confier l’enfant aux géniteurs de sa mère.

Là, on est en totale contradiction avec le droit, et avec les textes régissant spécifiquement l’accouchement sous X.

Le lien du sang est totalement effacé dans ce cas là pour permettre à l’enfant d’être déclaré pupille de l’état et d’être adopté.

J’avoue que juridiquement, je n’ai absolument pas compris la motivation de l’arrêt.

Qui est censé, lorsque il bafoue aussi entièrement une règle de droit, être solidement motivé.

Ici, encore le millefeuille.

 

Ou plus exactement, enfin, le seul texte cité est celui régissant l’intérêt supérieur de l’enfant.

Si je résume, cette petite fille, qui est devenue adoptable dans les deux mois de sa naissance, n’a pas pu l’être, adoptée, car une procédure était en cours.

Grâce à la cour d’appel, son statut de pupille de l’état a été supprimé.

Elle n’est donc PLUS adoptable.

Les parents de sa mère sont devenus ses tuteurs.

Ses tuteurs, pas ses parents adoptifs, car on serait dans un umbroglio juridique terrible, en faisant de cette enfant la sœur de sa mère, et parce que, n’étant plus adoptable officiellement, il faudra énormément de temps pour qu’elle le redevienne si ses « grands parents » décident d’aller jusqu’au bout de leurs caprices.

Donc, selon toutes probabilités, l’enfant n’aura jamais de parents.

Situation enviable s’il en est, alors que son statut la rendait très rapidement adoptable.

 

Intérêt supérieur encore plus évident lorsque on observe les raisons qui ont poussé le couple à demander la garde de l’enfant : ils estimaient que leur fille, pourtant adulte, mais victime d’un déni de grossesse, était dans son tort en abandonnant l’enfant.

Ils ont donc décidé de prendre une décision aussi majeure pour elle.

Elle estime que ce sont de mauvais parents, n’a même plus de contacts avec eux, pas grave.

Ils expliquent que leur seul but en obtenant la garde de l’enfant n’est pas de l’élever comme leur enfant, ou de la rendre heureuse, non : ils ont simplement l’intention de forcer la main de leur fille pour qu’elle revienne sur sa décision.

Effectivement des parents merveilleux.

Toujours pas grave pour
la Cour d’appel, qui leur donne raison.

 

Je suis choquée et indignée.

Et triste pour cette enfant qui va se retrouver plongée là-dedans malgré elle et malgré la décision courageuse de sa mère ; et pour sa mère, qui se retrouve dans une situation où elle verra l’enfant qu’elle a mis au monde élevé justement par les personnes qu’elle ne souhaitait surtout pas lui voir apparentée, et susceptible de subir toute sa vie durant un discours malsain où il sera question d’une mère qui pourrait revenir à tout moment mais n’aime pas suffisamment l’enfant pour le faire, et qui aura donc des difficultés encore plus grande que n’importe quel enfant adopté à comprendre les motivations d’abandon de sa génitrice.

 

 

A côté, c’est tout un pan du droit qui s’effondre, avec la mise à mal de fait de l’accouchement sous X.

Qui permettait d’éviter des situations d’infanticides, d’accouchements hors des structures hospitalières, et plus important que tout, l’abandon des enfants hors d’un cadre légal permettant de leur retrouver une famille définitive dès leurs deux mois de vie.

 

Un enfant abandonné sous X laisse la possibilité à sa génitrice de se manifester et de revenir sur sa décision deux mois après l’abandon. Il devient ensuite pupille de l’état et adoptable sous le régime plénier.

 

Un enfant abandonné sans le recours à ce texte traînera pendant des années, non adoptable, faute d’avoir l’accord des parents.

 

Nous allons régulièrement en marche arrière depuis quelques années.

Mais dans ce cas, il faudrait quand même arrêter de se moquer du monde et cesser d’invoquer l’intérêt de l’enfant là où seuls les conservateurs attachés à tout prix au droit du sang et lui sacrifiant tout trouvent leur compte.

 

 

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